Valor Mortis : notre avis sur le soulslike napoléonien à la première personne
Valor Mortis mêle combats au sabre, parades et horreur napoléonienne. Notre avis sur ses idées marquantes, ses boss et les limites de sa vue subjective.
Anass
4 min de lecture
Sorti le 13 octobre 2026 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S, Valor Mortis installe le soulslike dans une Europe ravagée par les campagnes napoléoniennes. One More Level, le studio de Ghostrunner, choisit la vue à la première personne pour raconter le réveil de William, ancien soldat de la Grande Armée revenu d’entre les morts. Le décor mêle champs de bataille, villages dévastés et créatures issues d’une histoire qui a basculé dans le surnaturel.
Ce changement de perspective donne aux duels une intensité particulière. Il complique aussi la lecture des affrontements dès que plusieurs ennemis se pressent autour de William. Les tests de Destructoid et de TechRadar s’accordent sur le plaisir procuré par les parades, tout en relevant des pièges et des passages qui mettent la patience à l’épreuve. C’est autour de cette tension que se construit notre avis.
Une guerre napoléonienne transformée en récit d’horreur
William se réveille dans un monde où les soldats qu’il connaissait sont devenus des monstres. Sa recherche d’explications le conduit à travers les conséquences de la guerre menée par Napoléon, tandis qu’une conspiration menace l’humanité. Le cadre historique fournit des lieux et des silhouettes immédiatement reconnaissables, que le jeu déforme progressivement. Selon Destructoid, cette Europe meurtrie est l’une des réussites majeures de Valor Mortis : elle donne du poids aux rencontres avec les créatures et à la découverte des zones dévastées.
Le récit accompagne l’exploration. Destructoid souligne que William parle et réagit à ce qu’il découvre, et que les lettres trouvées en chemin complètent ce que racontent les décors. Le journaliste juge l’histoire principale moins remarquable que son univers, mais apprécie la place donnée au protagoniste et aux personnages croisés dans les quêtes annexes. Cette présence aide à comprendre ce que la campagne militaire a laissé derrière elle, au-delà de la prochaine bataille à remporter.
Des combats construits autour de la parade
Sabre en main, il faut observer le mouvement adverse avant de décider quand frapper, esquiver ou dévier une attaque. TechRadar insiste sur le plaisir d’une parade réussie suivie d’une riposte. La caméra rapproche physiquement William de chaque ennemi : le son du choc entre les lames et le moment choisi pour contrer occupent une place centrale. L’endurance limitée empêche de multiplier les attaques sans réfléchir, surtout face à un adversaire capable de punir une ouverture en quelques coups.
Les armes à feu et les pouvoirs surnaturels élargissent les solutions disponibles. Dans un exemple décrit par TechRadar, un officier muni d’une hache porte un tonneau explosif qu’il est possible d’enflammer. Un autre ennemi transporte des grenades : tirer au bon moment peut déclencher une explosion. Ces interactions donnent une utilité aux outils à distance, notamment lorsqu’un duel direct paraît risqué. La même critique prévient toutefois que l’éventail des armes et des pouvoirs reste relativement restreint.
Destructoid met en avant la rapière, obtenue tôt dans l’aventure. Comme elle ne permet pas de bloquer, elle pousse à chercher la parade. Le test apprécie également l’apport des armes à feu, mais trouve les sorts plus situationnels, avec peu de possibilités pour qui voudrait s’appuyer principalement sur la magie. Valor Mortis semble donc trouver son meilleur rythme lorsque le joueur accepte de prendre des risques au corps à corps, puis utilise ses autres capacités pour exploiter une faiblesse précise.
Exploration, raccourcis et boss
L’aventure avance par zones liées aux chapitres de l’histoire. On y trouve des chemins secondaires et des raccourcis à ouvrir pour faciliter les retours vers les points de repos. Ceux-ci servent aussi à récupérer ses forces, à voyager et à faire progresser William. La structure sera familière aux joueurs de soulslikes, mais la vue subjective change la manière d’aborder un couloir ou une cour encombrée d’ennemis. TechRadar note qu’affronter deux adversaires à la fois peut déjà devenir délicat, ce qui encourage à repérer une meilleure position ou à isoler une cible.
Certains passages sortent du duel classique. TechRadar cite une traversée de navires brisés suspendus au-dessus de la mer, où déplacements, tirs et combats s’enchaînent. Le média apprécie particulièrement les séquences qui associent affrontements, plateforme et petites énigmes. Du côté des boss, Destructoid loue des combats inventifs, dont un affrontement contre un moulin. Ces moments donnent à One More Level l’occasion d’exploiter son savoir-faire en matière de mouvement, sans abandonner l’exigence des combats.
Une difficulté parfois entretenue par les mauvaises surprises
La critique la plus constante concerne les pièges. TechRadar décrit des ennemis cachés près d’objets à ramasser, des attaques surgissant derrière une porte et des portions de sol qui se dérobent. Destructoid rapporte lui aussi des placements d’ennemis frustrants et des chutes difficiles à anticiper. À petite dose, ces surprises entretiennent la méfiance que recherche le genre. Lorsqu’elles se répètent, elles risquent de détourner l’attention de ce que Valor Mortis fait le mieux : laisser le joueur lire une attaque et réussir sa riposte.
La première personne accentue cette gêne dans certaines situations. TechRadar estime que la caméra rend des rencontres confuses et pointe des attaques longuement retardées, dont le timing devient pénible à apprendre. Le média trouve également certains environnements moins inspirés que les meilleurs passages du jeu. Destructoid se montre plus enthousiaste dans son verdict global, tout en reconnaissant des zones et des rencontres moins convaincantes. Le désaccord porte surtout sur la place à accorder à ces irritations face à la qualité des duels et du cadre.
Notre avis sur Valor Mortis
Valor Mortis a une idée forte et sait la rendre concrète en combat. Dévier une lame à quelques centimètres de la caméra, riposter, puis choisir entre une arme à feu et un pouvoir donne aux rencontres une identité nette. Son Europe napoléonienne défigurée par l’horreur soutient cette proposition, particulièrement lorsque les décors et les boss racontent eux-mêmes les conséquences de la guerre. Les embuscades répétées et la visibilité limitée lors des combats de groupe constituent ses réserves les plus sérieuses.
Pour situer le jeu dans le genre, Elden Ring reste un repère connu des amateurs de soulslikes, tandis que Blasphemous propose une autre association entre action exigeante et imagerie macabre. Valor Mortis mérite surtout l’attention des joueurs attirés par la parade et prêts à composer avec une caméra rapprochée, même lorsque le jeu leur tend un piège de trop.



